valls perd patience et met les pendules à l'heure

Valls veut réduire définitivement l’opposition intérieure du Parti Socialiste.

 

Alors Mr Valls sort les couteaux et déclenche une offensive contre les passéistes sous-entendu Martine Aubry et les frondeurs. Visiblement il en a assez de devoir se justifier à chaque minute vis-à-vis de ce qu’il pense être une minorité au sein du Parti Socialiste.

 

Parallèlement Mr Hamon se voit interpeller par Messieurs Cambadélis et Le Foll sur ses commentaires sur la politique économique du gouvernement. Et Madame Filipetti les renvoi allègrement dans leurs buts, ambiance, ambiance !

 

A ce stade, il va falloir que chacun choisisse son camp  vidant l’abcès une bonne fois pour toutes. Les frondeurs sont mis au pied du mur, ils ne peuvent plus fronder sans maintenant enfoncer le clou. Ils doivent prendre une position claire face au budget 2015 en cessant de louvoyer au risque de se ridiculiser vis-à-vis de leurs électeurs, de se décrédibiliser définitivement aux yeux de tous les Français.

 

Valls les attaque frontalement, c’est un peu sa marque de fabrique,  n’hésitant pas à les défier. Il est difficile d’imaginer qu’il est fait cette interview sans en parler à François Hollande ou alors ce dernier n’a décidemment plus rien à faire à l’Elysée. Il faut que les frondeurs se soumettent ou se démettent, cela a le mérite de la clarté.

Mais qu’attendre de cet éclat ? Si les frondeurs rentrent dans le rang ils sont finis, vidés de leur substance, de leur raison d’exister. Et le trio Hollande, Valls, Macron aura gagné la partie, les députés ayant été mis au pas.

 

Sinon ? Et bien c’est la fin du Parti Socialiste tel que nous l’avons connu. Nous pourrions voir un parti social libéral avec Valls et ses amis, un « Parti Socialiste » façon Mélenchon un peu édulcoré, et pourquoi pas un parti social-démocrate, avec Martine Aubry puisqu’elle est social-démocrate depuis 3 jours…. Et au bout du compte la dissolution de l’Assemblée Nationale avec une redistribution des rôles pour tous.

 

D’autre part dans une provocation évidente, Valls regrette qu’il n’y ait pas eu d’alliance avec Bayrou en 2012. Malheureusement pour lui en 2014 ou 2017, Bayrou ne viendra pas grossir les troupes de Valls car au-delà de cette crise politique majeure qui pointe à l’horizon, Bayrou soutiendra Juppé en cas de redistribution des cartes, puis l’incompétence notoire et le rejet total du chef de l’état par les français ne permettra aucune alliance avec les sociaux-libéraux. Ils seront engloutis dans une élection générale qui punira ceux qui nous gouvernent si mal depuis 2 années.

La gauche va se trouver morcelée en de nombreuses petites chapelles donnant le champ libre à une droite de plus en plus décomplexée. Hollande et Valls prennent le risque énorme de faire éclater la gauche au prochain vote à l’Assemblée Nationale qui pourrait faire chuter le gouvernement.

Valls ne pourra pas gouverner à coup de 49.3.Les dés sont jetés.

 

Maintenant la droite n’est pas prête non plus à entrer en campagne, peut-être est-ce le pari  risqué du Premier Ministre, profiter d’un chaos momentané pour fédérer une nouvelle gauche dites moderne ? Mais est-ce le bon moment là où la France semble être en perdition ?

 

Il est bien difficile de se mettre dans la tête de ces messieurs, toutefois il est certain que si les frondeurs rentrent dans le rang Valls aura gagné et pourra gérer le pays à son rythme une bonne fois pour toutes. Les frondeurs n’ont-ils pas montré qu’ils parlaient beaucoup et agissaient finalement très peu ? Valls doit surement parier sur cette lâcheté prouvée.

 

Ces prochains jours vont définir le terrain politique à gauche. Valls est allé trop loin pour reculer, il veut réduire la résistance « gauchiste » une bonne fois pour toute. C’est un pari risqué car il va essayer de construire sur des ruines une nouvelle offre politique. Si Hollande et Valls avaient des sondages favorables, ils seraient soutenu par l’opinion publique, mais ici, les français ne souhaitent qu’une seule chose, c’est qu’ils s’en aillent le plus vite possible. Ils n’ont pas de soutien populaire.

 

Cette « déclaration de guerre » brutale de Mr Valls parait bien téméraire, avec une petite odeur d’improvisation très caractéristique de ce gouvernement.

Ou alors et là ce serait l’apothéose d’un quinquennat déjà misérable, Mr Valls a jeté ce pavé dans la mare de son propre chef, sans prévenir le Président de la République….Nous assisterions à l’agonie politique du chef de l’état qui serait obliger ou de soutenir Valls au risque de perdre sa majorité et dans le cas contraire le désavouer provoquerait sa démission. Dans l’une ou l’autre de ces situations, Hollande perdrait tout contrôle et deviendrait la potiche de la république.

 

C’est à ne pas souhaiter pour l’image de notre pays et puis les Français ont d'autres chats à fouetter.

 

 

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© Philippe Chauvancy