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"Plaidoyer pour les animaux"Sommes nous réellement civilisés?

En lisant le dernier livre de Matthieu Ricard, «  Plaidoyer pour les animaux » on ne peut qu’être abasourdi par toutes les informations que l’auteur partage. Ce n’est pas un plaidoyer pour « aimer les animaux » ou le végétarisme mais un descriptif du monde industriel de la viande, de ces fonctionnements, de la façon dont nous traitons le monde animal sauvage mais aussi domestique.

Beaucoup d'entre nous l'ignorent mais l'industrie de la viande est une véritable maison des "horreurs".

 

Et là, après avoir lu ce livre, même pas dans sa totalité, on peut se poser de sérieuses questions sur notre degré de civilisation face à tant d’horreurs infligés aux animaux sous le prétexte douteux qu’il est nécessaire de manger de plus en plus de protéines animales, parce que les humains apprécient la chair animale de plus en plus à travers le monde , sans parler des trafics d’animaux organisés pour la recherche scientifique ou simple divertissements.

Aimer manger de la viande n’est pas un crime. Pourquoi pas tous les gouts sont dans la Nature. Ce qui est plus grave c’est ce génocide animal auquel nous assistons en détournant notre regard, et surtout avec quelle cruauté quasi sadique nous massacrons des milliards d’animaux dans des souffrances épouvantables. Nous n’avons pas la décence minimum de tuer ces animaux dans des conditions « humaines ». Vous apprendrez dans ce livre que 15% des animaux envoyés aux abattoirs sont découpés vivants les exécutions n’étant pas toujours parfaites !  Ceci est caché aux consommateurs, on peut en comprendre aisément les raisons, après nous sommes des humains remplis de compassion….Par réaction nous pourrions nous contenter d’être tous végétariens.

L’élevage industriel augmente d’année en année simplement pour satisfaire non pas des estomacs vides cherchant à survivre une famine ou la disette, mais pour satisfaire des « péchés » de gourmandise, massacrant, torturant des animaux à longueur d’années, environ « 60 milliards d’animaux terrestres par an ». C’est aussi cette hypocrisie, cette lâcheté qui nous  fait détourner le regard de tous ces excès. Dans notre orgueil humain tout puissant, nous nous arrogeons le droit de vie ou de mort sans aucun état d’âme sans aucunes remises en question sur nos comportements. Nous acceptons toutes les compromissions intellectuelles pour justifier l’extension à l’infini d’élevages industriels, alors que la pollution de ces mêmes élevages est responsable des 15 % des émissions de gaz à effet de serre.

Un autre exemple de l’aberration de notre système de consommation, on nous parle de produire de plus en plus d’OGM, car nous risquerions de ne pas pouvoir nourrir toute la population mondiale d’ici quelques années, mais savez-vous « qu’1 hectare de terre peut nourrir 50 personnes végétaliennes contre 2 carnivores ? ».

Par conséquent,  la question évidente de l’inutilité de produire des OGM se pose ici. Avec moins d’élevage, le monde pourrait se nourrir correctement en polluant beaucoup moins, sauvegardant la biodiversité, nous-mêmes étant en bien meilleure santé, la consommation excessive  de produits carnés n’ayant jamais été souhaitables pour nos organismes humains !

Mais surtout dans ce livre que je vous invite à lire, on ne peut que ressentir un véritable malaise, une honte sincère de tolérer de pareils agissements. Sommes-nous vraiment des êtres « civilisés » pour fermer les yeux sur des horreurs aussi inqualifiables ? Nos abattoirs sont de véritables salles de torture. Nous semblons avoir perdus toute dignité dans notre relation avec notre environnement. Nous ne tuons plus pour nous nourrir, nous massacrons pour satisfaire comme une peur de manquer permanente, pour alimenter des industries transformés en chambre des horreurs.

Nous ne voulons pas voir car nous avons peur de découvrir ce qui se passe derrière ces poulets ou steaks étalés dans nos supermarchés. Nous trouvons ça normal, sans poser trop de questions… Ca nous arrange de ne pas avoir à nous regarder dans un miroir.

Nous nous comportons « en toute discrétion » comme des hommes préhistoriques, et encore car eux tuait pour nourrir, sans ressentir la moindre compassion. Nous cautionnons ces tueries en acceptant de les ignorer. Il serait peut-être bien d’organiser pour les adolescents à titre pédagogique au cours de leur année scolaire la visite d’abattoirs à travers le pays. Qu’ils comprennent que ce n’est pas uniquement de la viande qu’ils ingurgitent, mais de la souffrance à l’état pur engendrée, créer par l’homme sans aucunes réelles justifications  vitales. Tuer les animaux avec barbarie, c’est s’inviter à manger et digérer celle-ci comme telle. Tachons de garder cette idée en perspective.

Nous devrions inviter tous les citoyens à visiter ces endroits, que nous essayons de cacher désespérément, probablement car nous en avons tout de même un peu  honte,  afin de bien comprendre combien de souffrances nous infligeons à des êtres vivants par plaisir, par confort, par gourmandise.

 

Il ne s’agit pas de décréter que nous devons tous être végétariens. Ceci est pour nous en tant qu’êtres humains dits civilisés de faire les choses avec empathie, humanité. Nous pouvons faire preuve de dignité et de compassion en essayant d’infliger le moins de souffrances possibles, pour ces animaux, mais aussi pour être capables de nous regarder dans en face.

Envoyer des êtres vivants à l’abattoir est un acte définitif. C’est pour tuer, dans la plupart des cas gratuitement sans véritable utilité concernant la survie du genre humain. Nous pourrions au moins avoir la décence de le faire « humainement ».

 

Lisez ce livre que Matthieu Ricard. Si vous ne devenez pas végétarien après avoir lu le premier tiers de ce livre, ce serait très étonnant tellement on peut se sentir honteux de cautionner un tel déferlement d’horreurs et de souffrances.

Se préoccuper du sort de tous ces animaux, c’est aussi se préoccuper de soi-même car nous sommes de toute façon tous sur la même planète interconnecter d’une façon ou d’une autre.

 

 

 

 

 

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© Philippe Chauvancy