Un Président que nous méritons?

 

 

En cette période de désillusion totale sur la classe politique et particulièrement sur notre Président tachons de faire un peu d’autocritique car soyons juste, ce gouvernement dans son ensemble est le juste représentant de notre conscience collective. C’est celui que nous méritions quel que soit nos dénégations.

Hollande n’est pas arrivé par hasard à l’Elysée et même s’il fait beaucoup de chose très difficiles à comprendre c’est aussi un peu parce que nous, citoyens français sommes aussi pleins de contradictions et il faut bien le dire avons une réelle difficulté à vouloir accepter les changements.

Ne parlons pas de réformes mais de vrais changements, ceux d’accepter de pouvoir bouleverser nos mentalités, nos peurs de l’inconnu ou ceux de la découverte de nouveaux chemins pour faire évoluer notre société. Notre société, qui pleines de vaches sacrées, a tellement peur qu’elle donne le pouvoir à ceux qui savent le mieux les conserver quel qu’en soit le prix.

D’ailleurs regardons notre Président. Dans ses zigzags et changement de caps successifs, n’est-il pas exactement ce que nous sommes tous ? Indécis ? Confondant normalité et insipidité ? Voulant changer un jour et ne voulant plus le lendemain ? Et sa vie privée n’est-elle pas aussi un peu le reflet de notre culture un peu « vaudevillesque » car nous autres français ne sommes-nous pas aussi plutôt indulgents dans nos petites histoires d’adultères, n’avons-nous pas une morale élastique pour nous-même et pas pour les autres ? Ne pensons-nous pas que l’état c’est un peu comme « papa et maman » devant nous protéger  comme s’il pouvait tout faire, d’où ces réglementations sur tout ce qui bouge et existe dans notre société pour que toutes ces lois sensés nous protéger finissent par nous étouffer ?

Partons d’un principe simple et somme toute logique. La cellule de base de la société est l’individu, c’est lui qui par sa nature fait évoluer la société. Un groupe, une société tout cela finalement n’est qu’une somme des individus unis dans la diversité. Ce n’est pas le groupe qui fait l’individu et sa richesse, c’est le contraire.

Donc ce président élu par nous tous, ne l’oublions pas, reflète cette unité de millions de conscience individuelle devenue collective, a donné les rênes du pouvoir à des représentants. Ceux-ci sont le reflet de notre choix collectif, de notre conscience collective.

Cette conscience collective a un degré d’acceptation du changement plus ou moins fort parce que nos peurs individuelles sont transposées dans cette conscience collective…Hollande en est le fruit. Il est notre miroir. Hollande est le reflet de nos freins intérieurs rétifs à tout changement.

Voyez-vous ce n’est pas un raccourci intellectuel pour excuser qui que ce soit, car il est aussi de la responsabilité du Président de faire preuve d’initiative et d’intelligence, mais ce Président ,comme d’autres d’ailleurs, n’ose pas aller au-delà des peurs des français en acceptant le fardeau de changer le cap d’une conscience collective en pleine incohérence. Son rôle devrait être de montrer l’exemplarité de sa fonction justement en transcendant les peurs et les clivages existant dans la société et non pas de les entretenir avec de faux espoirs et de gentilles réformettes, de discours de Président « normal » car justement un Président n’est pas normal car son devoir est d’être au-delà de la normalité, il est le catalyseur de 65 millions de français.

Ce qui  fait un grand homme d’état, c’est cette capacité à dépasser l’égo individuel et le goût du pouvoir. Il doit refuser les compromissions faciles en voulant satisfaire tout le monde. Il n’est pas élu pour nous faire plaisir , mais pour faire évoluer la conscience collective du pays en sortant des sentiers battus pour lui faire accepter l’aventure de la vie en cessant de faire croire que nous pouvons être protéger de tout et n’importe quoi. Comme si nos vies pouvaient être gérées uniquement par un Etat et des réglementations…. Le Chef de l’Etat a le devoir de responsabiliser ceux qui l’ont élu par son exemplarité, sa créativité et son sens du bien commun.

En 2007 beaucoup pensait que finalement, enfin, nous avions élu quelqu’un qui accepterait de briser les chaines du statu quo en faisant bouger les lignes….Il a bien commencé puis mal fini. (D’ailleurs sa chance de rédemption va venir car Hollande lui aussi a échoué plus dramatiquement)

Mais Sarkozy comme Hollande de façons différentes reflètent les faiblesses de notre pays, de notre conscience en tant que Nation. Ils sont les fruits de nos incohérences, le miroir de nos consciences individuelles souvent décalées d’avec la réalité.

Alors oui nous avons les Présidents que nous méritons, comme les députés ou sénateurs. Ce n’est pas quelque chose d’inéluctable, d’inamovible, mais pour que nous ayons un « leadership » digne de ce nom, peut-être devrions nous nous poser la question de savoir comment nous, individuellement, cellule de base de la société nous pouvons changer pour mériter un meilleur Président ?

Il est établi que celui-ci ne fera pas un second mandat, mais allons-nous voir les concurrents à sa succession être capable  de transcender les limites pour tirer notre pays vers une société plus harmonieuse (et je dis harmonieuse pas plus juste, ce qui n’est pas la même chose) ? Est-ce que Nicolas Sarkozy, Alain Juppé François Fillon ou même Marine Le Pen seront capables de tirer le mieux de ce que nous avons au fond de nous ?
Nous sommes, en 2014, dans un monde ou les dogmes politiques sont dépassés. Les théories économiques de gauche, de droite ne veulent plus dire grand-chose car le monde changeant si vite, un Président doit savoir s’adapter en toutes circonstances, transcender les valeurs périmées pour en promouvoir d’autres en adéquation avec le changement de la conscience du pays

 

En réalité, la réponse se situe en chacun de nous. De notre capacité à aller au-delà de nous-mêmes, car si nous en sommes capables, celui qui sera amener à gouverner notre pays le sera aussi. Le choix d’un leader ne se fait pas dans les états-majors politiques mais dans la conscience de chaque citoyen.

Alors Hollande n’est pas bon, c’est vrai, et au moins nous allons pouvoir en changer peut-être plus vite que prévu, mais espérons que le successeur fera un meilleur travail. D’une façon ou d’une autre nous en sommes les responsables, et personne d’autre.

 

Concluons en paraphrasant Kennedy :

 

« Vous qui, comme moi, êtes Français, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

 

 

 

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© Philippe Chauvancy