Mr valls, le dialogue social,la réduction des allocations chômage

Mr Valls, dialogue social et réduction des allocations chômage.

 

Il est particulièrement symptomatique et déprimant en constatant que notre société est devenue purement comptable dans le traitement social, et que l’on puisse entendre parler de réduire les allocations chômage sans même essayer de comprendre les répercussions que cela pourrait avoir sur des êtres humains, mais surtout que cette réduction éventuelle ne pourrait avoir de sens que si en contrepartie le marché du travail était plus fluide, certaines lois moins rigides permettant ainsi l’accès à l’emploi plus facilement. C’est tout simplement irresponsable que l’on soit de gauche ou bien de droite et vraiment illogique.

 

Les chômeurs préfèreraient être moins longtemps sans emploi pas uniquement pour des raisons financières mais pour aussi parce qu’il est toujours mieux de se sentir utile dans la société pour soi et pour ses proches.

 

Certaines articles du code du travail qui protégeaient certaines catégories de  salariés sont devenues caduques car les chefs d’entreprise, pas tous, mais une très grande majorité, sont des gens responsables et ne sont plus dans un esprit de lutte des classes. Ils pourraient probablement embaucher plus de chômeurs si des garanties de pouvoir réagir en période de crise, comme actuellement, pouvait être possible.

 

Cela ne veut pas dire licencier comme on le souhaite comme voudraient le faire croire des organisations un peu rétrogrades dans leur réflexion,  mais au moins avoir des accords autorisant des dégraissages, dégraissage est le mot juste car temporaires et sporadiques, sans risquer d’être sous le feu de la justice ou de grèves pas toujours responsables. La flexibilité ne veut pas forcément dire une réduction des droits des salariés mais un ajustement sur ce qui profite à qui et pourquoi.

Il semble que certains droits deviennent des freins à l’embauche. C’est probablement vrai car ils profitent parfois toujours aux mêmes catégories sociales renforçant leur statut de protéger en comparaison de ceux qui n’ont pas cette chance.

 

Le rôle des syndicats et des chefs d’entreprise ne serait-il pas d’enfin oublier la notion de lutte des classes pour véritablement moderniser la vie des entreprises, de ce que l’on nomme le dialogue social ?

Lorsque Mr Valls parle de revoir la durée des allocations chômage, c’est de la pure communication pour séduire une partie de l’électorat ultra libéral, car pour que cela soit possible, il doit, comme les autres leaders de partis politiques, proposer de vraies réformes du marché du travail .Prenons quelques exemples, en France depuis 30 années le « jeunisme » est le leitmotiv des politiques. Emploi des jeunes est le slogan de Mr Hollande, des entreprises aussi …Les seniors ? Malgré des lois plutôt peu coercitives d’ailleurs, les seniors en France peinent à retrouver un emploi.

 

Les entreprises n’embauchent pas parce que c’est la crise, mais elles n’embauchaient que très peu avant la crise, car cette situation est endémique en France depuis 30 ans.

Les sociétés ont peur d’embaucher peut-être à cause des fameux seuils, mais c’est surtout parce qu’elles ne sont pas sûr de pouvoir débaucher en cas de graves crises. Faire croire que les entrepreneurs avec un code du travail plus flexible s’empresseraient de licencier pour aligner plus de profits est une vue erronée de l’esprit plus proche du 19ème siècle que de notre époque. Il serait peut être possible de négocier une plus grande flexibilité de l’emploi en garantissant des dédommagements très importants aux salariés licenciés abusivement ?

Je ne suis pas un spécialiste du droit social mais il existe des pistes qui n’ont jamais été explorées à cause d’un manque d’ouverture d’esprit des deux côtés de la barrière. La réduction du chômage n’est plus idéologique, c’est un problème de société fondamental qui dépasse les clivages droite-gauche datant d’un autre siècle.

Pour revenir aux allocations, en l’état actuel de l’économie française, parler de cette réduction est tout simplement indécent et montre à quel point ceux qui en parlent n’ont jamais vécu cette situation et sont totalement déconnectés avec la réalité des hommes et des femmes qui vivent cette situation. C’est une insulte à la condition humaine et à l’esprit notre république. Qu’ils prennent le taureau par les cornes car aucune réforme des allocations n’auraient de sens sans une action réformatrice digne de crénom de l’accès au marché de l’emploi.

Disons aussi haut et fort  que ceux qui perçoivent ces allocations ont cotisé pour et parfois depuis très longtemps, ce n’est pas un vol mais un droit qui a été financé d’avance. Ce n’est pas la faute de ces personnes si les responsables politiques de ce pays ne savent pas gérer les finances nationales.

 

Je peux d’autant plus me permettre ce commentaire que je fais partie du contingent des seniors sans emplois, et comme cadre supérieur, les seules offres solides reçues jusqu’à présent viennent de l’étranger ou l’âge compte peu, les diplômes comptent moins (je n’en ai pas), et ou la qualification de l’expérience est prise en compte humainement et financièrement. Le seul moyen pour moi  pour espérer rester en France est justement de percevoir ces allocations pour tenir le coup et trouver un emploi correspondant à mes qualifications.

La responsabilité du gouvernement, des organisations syndicales patronales et salariés, est d’ouvrir le marché du travail, avec humanisme, une adaptabilité cohérente aux nouvelles règles de l’économie, une intégration cohérente des nouvelles données dues à la mondialisation, en rénovant notre système d’une sclérose d’une carence de réactivité et de courage face à un chômage endémique qui n’est pas une fatalité !

 

 

Arretons les réformettes et faisons preuve de courage.

 

 

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© Philippe Chauvancy