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Les agriculteurs?Avant tout un échec d'une idée de l'europe

 

 

Ce qui est grave dans cette crise et la misère dans laquelle se trouvent nos agriculteurs, qui rappelons le sont soutenus par 80 % des français, c’est qu’elle souligne une fois de plus l’amateurisme de ce gouvernement. Les français y sont maintenant habitués et c’est notre karma ! Passons ce n’est pas le plus important, c’est devenu une habitude pour nous.

 Mais ici c’est surtout la déconnexion totale entre Bruxelles et la population.

Ce qui se passe avec le monde agricole c’est la surface de l’iceberg. Il y a dans cette Union Européenne, de plus en plus géré par des technocrates totalement ignorants de la réalité au quotidien, des citoyens qui essaient jour après jour d’avoir une vie décente.

Des lois sont votées dans leur grande majorité en totale inadéquation avec la réalité des professionnels de l’économie, des gens de terrain. Ces fonctionnaires zélés  semblent utiliser des logiciels de statistiques sans même prendre le soin de comprendre que derrière ces chiffres il existe une humanité.

Alors pourquoi cela ? Pourquoi contrairement à Mr Hollande par exemple, les citoyens eux veulent-ils  moins d’Europe ? En fait il y a confusion. Les citoyens ne veulent pas moins d’Europe ils veulent une Europe différente, grandissante dans le respect de l’intégrité de chaque histoire culturelle et géographique des nations. Cette crise d’identité a été générée par les politiques menées par Bruxelles, toujours en catimini, par des hommes et femmes se sentant investis d’une mission supposée, pensant qu’eux, ont forcément raison contrairement au commun des mortels qui lui n’a pas vison à long terme. La sincérité de l’arrogance en quelque sorte.

Donc Il y a cinquante années cette idée d’une union européenne était logique et souhaitable. La guerre de 39/45 avait amené son lot d’horreurs et plus personne ne souhaitait revoir une ignominie pareille. Alors des grands hommes d’état ont travaillé en ce sens pour créer une fraternité européenne pour éviter de nouveaux conflits.

Puis l’’euro a été créé. On nous a promis que grâce à cette nouvelle devise, le monde allait changer, que l’Europe ne connaitrait plus la crise et le chômage et autres merveilles….Madame Merkel nous l’a dit aussi, l’euro c’est bien plus qu’une simple devise ou monnaie d’échange….

En théorie oui, dans le monde des bisounours. Car la monnaie unique ne peut gommer les différences existantes et on pourrait dire éternelle entre les peuples et les cultures. On ne parle pas ici de grands changements sur la comète, mais simplement de choses évidentes qui ne peuvent changer et s’uniformiser. Car nous sommes différents. Nous avons une histoire différente une culture différente et surtout des langues différentes. L’Europe est un continent de culture disparate et c’est ce qui fait sa richesse.

Parler d’unité dans la diversité c’est juste. Mais penser que l’unité veut dire uniformisation des diversités est la grande erreur majeur de l’UE en 2015 et de ces 20 dernières années. Comme si une devise et des milliards versés allaient faire taire ou  allait changer 2000 ans d’histoire.

Les peuples des nations veulent garder leur richesse et diversité. Cette recherche dites « identitaire » créer des récupérations idéologiques excessives. Mais la majorité des citoyens ne sont pas comme cela. Ils veulent simplement que la diversité soit d’abord respectée et que si unité il y a, elle doit être non pas dans la destruction de la richesse de chaque nation mais dans la construction d’une conscience globale éveillée et respectueuse du voisin.

Par exemple en France un agriculteur a une petite exploitation car en France la qualité de la nourriture  est primordiale pour tous les français. Nous recherchons la qualité.

Un allemand préfère la quantité à la qualité et préfère exploiter 2000 vaches dans un hangar d’où elles ne voient jamais le jour et parce que les consommateurs allemands, parait-il, préfèrent la quantité à la qualité (sic).

Alors oui forcément il y a un décalage. Et vouloir imposer aux agriculteurs des modes de production industrialisés au nom de l’efficacité européenne est tout simplement contreproductif  mais va aussi à contresens de l’histoire et du bon sens commun des citoyens qui eux n’ont pas besoin de Bruxelles pour savoir ce qu’ils veulent dans leur assiette.

Ne parlons même pas des OGM que l’on veut imposer à l’Europe dans un déni de démocratie hallucinant sans parler d’un manque de transparence totale.

Parallèlement la société a évolué, les jeunes générations d’aujourd’hui sont interconnectées avec le reste du monde, les réseaux sociaux, l’information en continu. L’économie s’est individualisée, et la société s’est individualisée au fur et à mesure qu’une conscience plus large, plus éveillée s’est développée grâce à l’éducation, la connaissance en générale.

Un refus de l’uniformisation et d’une forme d’égalitarisme à tous les niveaux de la société a vu le jour de par le niveau interaction et de connaissances acquis par tous les citoyens à travers le monde.

Ce refus de l’uniformisation a commencé à se développer à travers des mouvements qualifiés de populistes, ce qui est un terme péjoratif et bien accommodant pour excuser les dérives technocratiques de Bruxelles.

D’ailleurs ceux qui votent pour ces mouvements eux-mêmes cherchent à mieux expliquer ce qu’ils souhaitent. Ce n’est pas du racisme ou le rejet de l’autre. C’est une demande d’être écouté et respecter.

Et là vient ce décalage colossal entre les dirigeants européens qui continuent à faire de la politique comme au moyen-âge, le moyen-âge étant de nos jours le 20 ème siècle. Il n’existe aucune transversalité de l’information. La crise grecque a montrée dans sa caricature la plus pointue comment des dirigeants s’enfermaient dans des bureaux pendant des heures pour parait-il sortir l’Europe d’une crise, qui en fait était la peur de l’inconnu ( ?) , ne laissant pendant des jours filtrer aucunes informations sérieuses et pour finir n’ayant pas le courage de venir devant le peuple pour approuver un plan de 100 milliards de versement supplémentaires.

Pourquoi ? Parce que ces mêmes dirigeants savent très qu’en ayant dirigé cette Europe en catimini depuis plusieurs décennies le vote aurait été un « non » massif non pas à l’Europe mais à la façon dont elle est gérée. Ce « non » n’aurait pas été un « non » à la solidarité au peuple grecque mais un « non » à Bruxelles et ses technocrates devenus autocrates.

Nos politiques n’ont visiblement pas compris que la mondialisation ce n’est pas seulement celle des biens mais aussi celle des connaissances et de l’information, du droit à l’information. Le temps des décisions arbitraires sans transparences est révolu. Le système doit changer.

La crise des agriculteurs, des taxis, des médecins, des profs, tout cela est au-delà de la critique sociale classique. La société et ses individus s’éveillent pour prendre conscience d’elle-même et exiger que les décisions soient partagées, discutées et respectées. Le pouvoir de décision et de choisir, de par la mondialisation, s’est individualisé et ira de plus en plus dans ce sens.

Une fois encore cela ne veut pas dire «égoïsme » .Cela veut dire partage de la connaissance, égalité et non égalitarisme, droit et devoir, responsabilisation totale et transparence des gouvernants et gouvernés. Les citoyens contrairement à ce que souhaite nous faire croire une certaine pensée politique, ne cherchent pas la sécurité à tout prix et un état tentaculaire s’immisçant au quotidien arbitrairement dans notre mode de vie.

La connaissance et l’éducation sont de plus en plus partagées, l’expérience du monde, de sa richesse dans la diversité, de par les échanges au quotidien par tous les citoyens est rendue possible, l’intégration des connaissances et leur mise en applications sont continuelles et partagées. De par cette connaissance, cette expérience, cette intégration, cette nouvelle adaptabilité consciente des citoyens face aux changements si rapides du monde moderne, la société s’auto réalise pour développer une véritable croissance productrice à terme du plus de responsabilisions des citoyens.

 

C'est le contraire même de l'uniformatisation décrété par Bruxelles.

 

 

La politique doit donc se réinventer. Elle va devoir s’adapter parce que la conscience individuelle devient de plus en plus auto référente et capable sans aide extérieure de dépasser les clivages et différences dans sa propre intégrité culturelle.

 

 

  

 

 

 

 

 

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© Philippe Chauvancy