Le vertige du vide

Voilà je suis assis. Je regarde, j’observe… A l’intérieur de ce que je suis, tout est vide…Vertigineusement vide. Il n’y a plus rien. C’est étrange, je peux entendre mon battement de cœur, le voir, il est à moi et pourtant je ne fais que le voir….Il semble n’appartenir à personne. Alors je regarde un peu plus…Je cherche, en fait mon égo cherche la réalité de son existence. Il a peur car tout est vide…Il ne sait pas où s’accrocher, il voudrait tellement pouvoir exister, dominer….alors il veut aller encore plus profondément et là, juste là, il disparait dans le vide vertigineux d’un vide trop plein, trop vide… Il a peur car il ne comprend pas pourquoi il disparait dans ce vide….Ce vertige… Ce vertige de croire qu’il perd tout. Son passé, son présent, son futur se diluent dans cet espace qui parait si infini….si terrifiant aussi quelque part, puisqu’à cet endroit précis, il n’existe plus rien….Il n’existe plus rien car ce lieu d’éternité ne connait pas l’esprit de résistance. Il n’y pas de résistances….Elles n’existent plus, elles ont acceptées de quitter l’histoire de l’égo…Et puis il y a cette douceur…cette infinie douceur, tellement douce qu’elle en serait presque insupportable… Elle semble brisée tout ce qui reste de ce « je » qui ne veut pas finir d’exister….Et pourtant, le voir disparaitre, ou s’atténuer ouvre ce champ de liberté infinie….C’est un vertige de liberté…. Il n’y pas de place pour le renoncement…il est trop tard d’ailleurs pour renoncer…Il faut laisser les choses se faire….accepter le choix du vertige….Dans ce trou noir il n’y a pas de fond….On ne respire même plus d’ailleurs, on retient son souffle .Dans cette descente, des pensées s’accrochent tant qu’elles peuvent à des parois de ce puits sans fond….mais moments de panique….il n’a pas de parois, pas de poignées auxquelles s’accrocher, ce n’est que de l’éternité ,sans raccord sans possibilité de fuite. Alors la peur disparait et tout continue.

Et puis viennent ces pensées, à quoi servent-elles ? On dirait qu’elles existent pour me faire douter de la réalité de cette descente dans cette espace infini…Alors je les observe elles aussi….. Et les voyants elles s’évaporent, à leur tour d’avoir peur…il ne reste plus qu’une énergie de douceur… La conscience enveloppe ce mot « douceur », elle lui donne sa valeur d’infinie. Je peux la toucher…la comprendre, lui parler même….elle s’intègre pour rassurer, expliquer que ce vertige n’est pas une fin, juste un début, une continuité en quelque sorte.

Il y a dans l’égo, dans les pensées cette angoisse de manquer de je ne sais quoi …. Toujours vouloir s’accrocher à quelque chose de limité ….Ne pas voir la valeur illimitée de ce vertige ….Ne pas accepter cette liberté de peur de tout perdre. D’ailleurs perdre quoi ? Nous ne le savons même pas. Nous cherchons à nous remplir de l’extérieur car nous avons oublié cette réalité du vide. Toutes peurs se désintègrent car la compréhension du fonctionnement des mécanismes de notre constitution universelle devient tellement évidente…

Et puis il y a cette conviction intime, cette intuition infiniment subtile, cette voix pleine de tendresse qui chuchote dans cette espace pour rassurer, pour aider à comprendre de ce vide est véritablement le tout. Que c’est de cet  endroit, sans points d’attache, tout existe… Ce chuchotement fait vibrer  la conscience…Celle-ci se libère de tout espace….Et curieusement, il n’y a plus d’espoirs…car tout « est », il n’y a plus besoin d’espérer, ce n’est plus nécessaire car tout existe ici, dans cette éternité. La compréhension de l’illimité dans sa simplicité résonne dans la conscience. On entre dans un monde de cognitions ou tout est compris, englobé dans cette valeur d’illimité. Cela parait si loin et si proche.

Alors je regarde encore, et tout se dilue, dans cette infinie douceur….Il n’y plus rien à craindre, plus rien à comprendre, tout est vu car dans ce vide la vie s’exprime directement de cette source d’infinie corrélation.

 

 

 

 

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© Philippe Chauvancy