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La Grèce ou le symbole de la verticalité technocratique de Bruxelles

 

 

Que retenir de ce référendum en Grèce?

 

Déjà ce pays demandant une plus grande solidarité de l'Europe devrait montrer l'exemple en se réformant, en  n'autorisant plus  50% de son économie de tourner au "noir", de faire en sorte que l'église paie ses impôts  ainsi que ses armateurs qui milliardaires et ne font rien pour aider leurs compatriotes,  que les commerçants paient leur TVA , et puis la liste est sans fin....

 

Car Tsipras depuis son arrivée au pouvoir qu'a  -t-il fait pour faire avancer les choses à part insulter Merkel et les autres contribuables Européens?

 

 

Alors bien sûr le peuple Grec après avoir pendant plus de vingt ans vécu au-dessus de ses moyens sans aucune retenue ne veut pas rembourser ses dettes. Quelques bonne âmes de Gauche appelle à la solidarité des peuples comme si les 300 milliards déjà versés par les contribuables européens n'avaient pas déjà  été une grande preuve de fraternité européenne. Ceci  pourrait être risible si cela n'engageait pas la crédibilité déjà bien entamée de la cohérence Bruxelloise!

Alors nos gouvernants vont retourner à la table des négociations avec Tsipras qui a remarquablement réussi sa manœuvre d'intimidation . Voilà un pays représentant 2% du PNB européen terroriser les mastodontes de l'économie de la zone euro. Nous voici prêts à tous les compromis, et savez vous pourquoi? Parce que nous avons peur de l'inconnu....Et oui voilà l'argumentaire massue...Si la Grèce sort de l'euro personne ne sait ce qui pourrait se passer...Alors sur les  médias on nous ressasse, on nous assène que sans la Grèce l'Europe pourrait s'effondrer. Bien sûr nous voyons très peu les économistes anti euros venir s'exprimer sur les ondes. Il y a une campagne massive pour faire croire que sans "Bruxelles" point de salut!

On veut nous faire croire que l'inconnue est forcément synonyme de désastre à venir...Et si c'était justement une occasion de renouveau et d'autocritique? Quelle est donc cette mouche qui pique les dirigeants politiques qui ont maintenant peur de tout, n'osent plus rien, n'ont plus aucune créativité porteuse d'audace et d'imagination? Il semble que nous soyons dans un âge d'ignorance et de désert intellectuel .

Ce que nos responsables politiques n'arrivent pas à intégrer, à comprendre ,c'est que les européens veulent une Europe différente et moins de fédéralisme! Ils en ont assez de ces décisions prises en catimini ,sans concertations ,refusant l'utilisation de référendum sur des sujets de société qui nous concernent au quotidien. Les européens ne sont pas anti-europe ils sont anti Bruxelles. Nous voulons une Europe mais certainement pas celle qui nous est proposée en 2015.

Les citoyens de l'Europe ont beaucoup plus de courage que leurs dirigeants car ils sont prêts à tout remettre en question non pas pour aller en arrière mais aller vers l'avant en révisant les règles de fonctionnement d'un système qui ne marche pas.

Prenons des exemples de comportement anti démocratique de la caste bruxelloise:

Pourquoi n'y -t-il pas un référendum sur les OGM? Pourquoi ne sommes nous pas consultés sur TAFTA? Pourquoi ne sommes nous pas consultés sur la Grèce? Et oui, c'est nous qui subventionnons ce pays avec nos impôts ,pourquoi tous ces responsables politiques au lieu de discourir à fonds perdus ne viennent -ils pas devant les électeurs pour leur demander leur avis en organisant un référendum sur l'aide à la Grèce? Nous verrions si ces bonne âme "mélenchonistes" seraient aussi péremptoires dans leurs déclarations et ultimatums. Monsieur Tsipras a demandé à son peuple un mandat. C'est son droit et c'est très bien. C'est notre droit d'exprimer notre choix en retour au peuple grec en lui envoyant notre message.

Qui paie ses dettes s'enrichit!

Mais bien sûr Hollande n'aura jamais ce courage  ou cette lucidité de proposer ce référendum aux électeurs français car la chute de la Grèce contrairement à Merkel entrainerait de facto la chute définitive de la "Maison Hollande" déjà si affaiblie par ses échecs répétitifs. Ils est totalement isolé ...

Merkel  entrouvre la porte pour aider Hollande à se sortir de son isolement en lui permettant de sortir par la sortie de secours, mais qui peut croire sérieusement que l'Allemagne va céder aux sirènes de Tsipras, lisez la presse allemande et vous comprendrez qu' Hollande s'est mis dans une seringue....

Ces "négociations"  une nouvelle fois  se font au mépris de la volonté des citoyens du continent qui dans leur grande majorité veulent arrêter les frais. D'ailleurs en écoutant tous les discours de ces derniers jours , nous n'entendons parler que de discours techniques sur la valeur de l'Euro ,sur les taux d'intérêt, la cohérence de l'eurogroupe  et pas une seule fois nous n'avons entendu ,Hollande, Renzi  ou Merkel  faire la moindre allusion du fait que leurs propres citoyens en avaient assez de soutenir ce puits sans fond qu'est la Grèce.

Toutes les études d'opinion le montrent les européens en ont assez de ces décisions prises avec un mépris extrême, un manque total de concertation avec les  citoyens qui rappelons  le ,par leurs impôts financent les excès du peuple grec si fier d'avoir voter "non" à l'austérité qu'ils avaient tout de même engendrer eux -mêmes!

Nous voici une fois de plus dans une spirale décisionnaire verticale sans aucune transversalité dans la prise de décision. L'arrogance technocratique de Bruxelles devient un mode de gouvernement tellement ancré dans l'esprit des politiques qu'ils en oublient qu'ils ont été élu pour prendre en considération la volonté des peuples.  

Ils ne semblent pas réaliser que nous sommes maintenant grâce à la mondialisation et l'interconnexion de tout ce qui vit et bouge dans ce monde, au fait de tout de tout ce qui se passe. Traiter les citoyens comme des personnes immatures, incapables de comprendre le "sens de l'histoire" est révolu. La verticalité des prises de décision appartient à la préhistoire politique du monde moderne.  

Et c'est pour cela que le populisme gagne du terrain, et c'est pour cela que l'extrême droite va encore gagner du terrain après cet épisode grec. Nos élites politiques ont quitté le terrain de la réalité du quotidien, ils n'écoutent plus qu'eux mêmes dans leurs "réunions extraordinaires" à répétitions ..

Cet épisode grecque montre que nous sommes arrivés à un point de rupture du système. C'est au-delà du libéralisme, de l'austérité, du socialisme. c'est une question de retrouver de la crédibilité et de redonner confiance au peuple.

C'est loin d'être gagné au regard de ce qui se passe ces derniers jours, ces dernières heures.

 

 

 

 

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© Philippe Chauvancy