L'Existence du Vide

L’existence du…vide.

 

 

A regarder vers le Soi, presque fatalement il y a ce moment de découverte du vide dans la Conscience. C’est difficile à décrire, le vide. Le mot veut dire qu’il n’y a rien dans cet espace….pas de vie, pas de création, comme un grand trou noir sans vie….

Pourtant en portant son attention d’un peu plus près, quand le Soi commence tout doucement à émerger de sa longue torpeur, une perception plus subtile observe cet espace si vide, pour se rendre à l’évidence que cet endroit supposé désertique n’est pas si creux, au contraire même, cet espace que l’on croit inerte est plein de vie.

 

En posant avec une infinie délicatesse un peu de Conscience en ce lieu qui est sensé ne rien inspirer, il est possible d’apprécier avec une indicible joie l’essence même de ce que pourrait être la Vie dans sa plus simple expression de bonheur. Il y a en fait dans le Cœur, car c’est là que semble vivre ce vacuum, suffisamment de « vide » pour englober tout ce qui existe, toutes impulsions créatrices, pouvant engendrer à partir de lui-même toutes manifestations de Vie. Il est possible d’effleurer du bout de la Conscience, nous pourrions dire du bout de notre Soi, la naissance de toute manifestation…En connaissant cet espace, nous sommes capables de ressentir un Amour simple et infini de tout ce qui fait la Création car le viden’est que le reflet de ce que nous sommes, c’est-à-dire vide et plein, simultanément, éternellement.

 

Il faut oser aller accepter d’expérimenter cet espace. Aller visiter cet endroit c’est un peu comme ouvrir le Jardin d’Eden…C’est cueillir sans aucuns efforts la réalité de notre propre essence, de notre origine. C’est connaitre sans aucunes erreurs possibles le fonctionnement de la fabrique de la Conscience du Soi. Bien sûr il y a parfois une petite voix, celle-ci étant souvent décrite comme celle de l’égo, refusant de donner l’autorisation au Soi ce droit à l’émancipation,  tout simplement car le mot « vide » apeure. Il y a toujours cette petite part de nous qui doute, ne veut surtout pas voir que le Bonheur est finalement bien là ,ici, au fond de nous juste un peu dissimulé par quelques pensées anachroniques, brouillant les messages de liberté envoyé par ci par là , le Cœur souhaitant s’ouvrir de façon définitive à l’Existence telle que celle-ci devrait être réellement vécue.

 

D’ailleurs « l’égo » ne nous donne –t-il pas toutes les excuses possibles et imaginables pour nous détourner de la découverte de notre vérité ?

 

Lorsque nous acceptons en toute conscience juste la possibilité que ce vide existe pour notre propre bien et en nous, nous ouvrons un peu la porte à la Vie dans sa totalité. Nous plongeons dans un univers ouaté, qui s’écoule, s’écoule encore et encore vers l’infini, une sorte de spasme illimité de bonheur, un hoquet d’immense félicité qui ne s’arrête jamais. Un peu comme si dans l’espace de notre corps, de notre esprit, paraissant de prime abord si limités, l’illimité de la Conscience y siégeait sans aucunes restrictions. La Conscience alors s’exprime dans toute son  omniscience, son omnipotence.

 

Toutes les digues sautent….

 

Et quand le flot ininterrompu de pure félicité se révèle, quand toutes les retenues se sont évaporées dans l’espace du passé, du futur, seule reste cet intarissable moment dans sa présence absolue. Il y a cet émerveillement du Soi venant prendre conscience de lui-même. Il apprécie délicatement, goutte à goutte cette douceur nouvellement retrouvée. Le Soi redevient l’origine de tout ce qui existe. Il est le centre de l’univers ayant dépassé ses limitations égoïstes. Il est installé dans sa vérité, indépendant, fort, surtout pas dominant. Il est établi sur cette onde universelle de tout ce qui unit tout ce qui peut paraitre désuni. Il est le moteur commun à ce qui se manifeste car de ce vide qu’il rend vivant il sait que toute création est née dans cet espace si plein, si vide, si infini.

 

Dans ce qui pourrait être perçu comme une arrogance supplémentaire d’une humanité restée si longtemps dans l’ignorance de sa propre fécondité créatrice, le Soi englobe dans la Connaissance retrouvée cet immense bonheur de s’être retrouvé. Il découvre qu’en réalité la vie est, et a toujours été d’une simplicité extrême. Que rien n’est compliqué, rien n’est insurmontable….Le vide c’est le siège de l’espace où il n’existe pas de résistances. La vie peut s’exprimer en toute liberté, comme une barque se laissant glisser sur un long fleuve de félicité. Le Soi se pose, apprécie, regarde, témoigne du déroulement de la vie, de sa vie.

 

Le vide existe comme une réalité confondante de facilité. Il témoigne dans son essence que rien n’est impossible. Il est ce réservoir intarissable ou le Soi peut venir s’abreuver jour après jour. Il suffit de juste le vouloir un tout petit peu, d’accepter de s’engager, de faire un tout petit effort pour ouvrir la porte de cet espace si près de nous. Le vide c’est notre Soi révélé devenu capable de témoigner de sa présence. De cet espace il a perdu tout jugement, tout arbitraire, il reconnait qu’il est le tenant et l’aboutissant de toute chose. Il ne saurait forcer le flot de la vie ce serait se forcer lui-même, perdant ainsi la légitimité de sa liberté retrouvée.

 

Reconnaitre le vide pour ce qu’il est, c’est connaitre la Conscience. C’est intégré irrémédiablement au quotidien un bonheur infini, pour soi, pour ceux qui nous entourent de près ou de loin. C’est vivre sans peur et sans reproche, harmonieusement et surtout  naturellement.

 

 

C'est tout simplement cela la transcendance, ni plus, ni moins. La méditation transcendantale porte décidement bien son nom......

 

 

 

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© Philippe Chauvancy